Bailleurs, locataires, citoyens : cette proposition citoyenne imagine une procédure d'expulsion accélérée tout en renforçant le DALO comme bouclier des plus vulnérables. Elle est soumise à votre avis — et à celui des élus. 3 minutes pour peser dans le débat.
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En France, la procédure d'expulsion pour impayés dure en moyenne 18 à 24 mois. Ce délai crée un cercle vicieux dont personne ne sort gagnant.
Face au risque d'impayés sans recours rapide, les propriétaires durcissent leurs critères ou retirent leurs biens du marché locatif.
30 % envisagent de ne plus louerIndépendants, CDD, jeunes actifs, familles monoparentales : les profils « atypiques » mais solvables sont les premiers refusés.
3 garants demandés en moyenneLes tribunaux croulent sous les procédures longues. Les juges, les avocats, les travailleurs sociaux sont saturés par un système qui n'avance pas.
18 à 24 mois de procédureLe Droit Au Logement Opposable devait être le filet de sécurité ultime. En réalité, plus de 110 000 ménages reconnus prioritaires attendent toujours un logement, dont 95 % hors délais légaux.
124 958 recours déposés en 2024Le législateur a commencé à agir. Depuis la loi Kasbarian-Bergé de 2023 et les décrets de février 2026, le cadre se durcit. Mais les réformes en cours restent partielles : elles raccourcissent certains délais sans traiter le problème de fond. Voici l'état des lieux.
Clause résolutoire obligatoire dans tout nouveau bail, commandement de payer ramené à 6 semaines (au lieu de 2 mois), délais de grâce réduits, sanctions renforcées contre le squat. C'est la base du cadre actuel — mais la procédure complète reste longue.
Les décrets n° 2026-83 et 2026-84 abaissent le seuil d'impayé à 450 € (ou 3 mois de retard), renforcent le rôle décisionnaire de la CCAPEX et facilitent le versement direct des APL au bailleur. Résultat : la détection est plus rapide, mais l'expulsion ne l'est toujours pas.
Le gouvernement discute d'une résiliation « flash » du bail si la dette dépasse 4 mois de loyer, sans délai de grâce sauf « précarité exceptionnelle subie ». L'objectif est de bloquer les stratégies dilatoires. Mais le texte n'est pas encore voté — et il ne prévoit aucun accompagnement du locataire sortant.
La FNAIM a ouvert des discussions avec la CNIL sur la création d'un fichier national des incidents de paiement locatifs, inspiré du FICP bancaire. L'idée : permettre aux bailleurs de vérifier l'historique des candidats locataires. Mais le projet en est au stade d'étude d'impact — ni calendrier, ni texte de loi.
Une piste discutée : supprimer le bénéfice de la trêve hivernale pour les locataires dont la mauvaise foi est caractérisée (dissimulation de revenus, refus de tout plan d'apurement). Déjà acté pour les squatteurs, pas encore pour les locataires sous bail.
Depuis le décret n° 2025-1052, si la force publique n'est pas accordée dans les 2 mois suivant la demande de l'huissier, l'État est responsable financièrement. L'indemnisation est plus rapide, mais la procédure pour l'obtenir reste administrative et lente.
Fin mars 2026, Vincent Jeanbrun confie une mission sur les impayés locatifs à Hugues Périnet-Marquet, président du CNTGI, avec deux objectifs : encadrer les garanties excessives demandées aux locataires et raccourcir les procédures d'expulsion. Deux jours plus tard, Périnet-Marquet démissionne. Aucun remplaçant n'a été nommé à ce jour. La mission est fragilisée avant même d'avoir démarré. Sur le fond, le gouvernement distingue deux profils — locataires de bonne foi et locataires abusifs — mais n'a encore proposé aucun mécanisme concret pour les traiter différemment.
La mission gouvernementale est au point mort. Les réformes votées accélèrent la détection et durcissent les sanctions, mais aucune ne répond à la question centrale : que se passe-t-il concrètement pour le bailleur et le locataire entre la résiliation du bail et la libération du logement ?
Le gouvernement veut distinguer locataires de bonne foi et locataires abusifs — c'est exactement notre modèle (Chemin A / Chemin B). Mais il n'a encore rien proposé pour opérer cette distinction dans les faits. Notre proposition, elle, le fait : un parcours concret de 4 mois, un forfait hybride qui finance la transition, un kit d'accompagnement du locataire sortant, et le DALO comme bouclier des vulnérables.
Pendant ce temps, 30 500 ménages ont été expulsés en 2025 (+27 % en un an) — souvent sans accompagnement, sans relogement, sans filet. Les bailleurs, eux, attendent toujours en moyenne 18 à 24 mois pour récupérer leur bien et leurs fonds.
Cette proposition ne remplace pas les réformes en cours. Elle comble le vide qu'aucune d'entre elles ne traite. Et c'est vous — bailleurs, locataires, citoyens — qui pouvez lui donner le poids nécessaire pour qu'elle arrive sur le bureau des parlementaires.
Cette proposition citoyenne est un cadre de réflexion, pas un texte de loi. Elle dessine un mécanisme que les élus peuvent reprendre, adapter ou enrichir. L'objectif : ouvrir le débat avec des chiffres concrets et un parcours crédible.
Au lieu de 18-24 mois de procédure, le bailleur obtient une décision en 4 mois. Plus rapide pour lui, plus clair pour le locataire.
Le bailleur verse 5 000 € au Fonds de Garantie Locative pour déclencher la procédure. Le Fonds prend tout en charge : ~3 000 € financent la transition du locataire (dépôt de garantie, premier loyer, déménagement), ~2 000 € couvrent l'accompagnement social et la gestion. Après l'expulsion, le Fonds recouvre la dette sur le locataire (~6 200 €). Si le recouvrement aboutit, le Fonds reverse 3 000 € au bailleur — coût final : 2 000 €. Si le locataire est insolvable, le Fonds absorbe la perte — coût final plafonné à 5 000 €. Le bailleur ne porte aucun risque au-delà de son versement initial.
Tout locataire en situation de vulnérabilité peut invoquer le Droit Au Logement Opposable (loi du 5 mars 2007). Cela bloque automatiquement la procédure accélérée et renvoie vers l'accompagnement social. Le forfait versé par le bailleur alimente un fonds dédié au relogement des ménages DALO, réduisant ainsi l'engorgement actuel du dispositif.
Le bailleur qui sait qu'il peut récupérer son bien en 4 mois (au lieu de 2 ans) n'a plus besoin de surblinder ses critères de sélection. Résultat : les indépendants, CDD, jeunes actifs, familles monoparentales — solvables mais « atypiques » — retrouvent l'accès au logement. Et l'encadrement des loyers en zone tendue empêche toute répercussion du forfait sur le locataire suivant.
Pour un loyer de 800 €/mois, voici ce que coûte un impayé au bailleur selon le système choisi.
Le Droit Au Logement Opposable, instauré par la loi du 5 mars 2007, garantit à toute personne résidant en France le droit à un logement décent. L'État en est le garant. Voici comment il fonctionne — et pourquoi cette proposition le renforce au lieu de l'affaiblir.
Le locataire dépose un dossier (formulaire CERFA n°15036) auprès de la commission départementale. Sont éligibles : les personnes sans logement, menacées d'expulsion, en logement insalubre, en suroccupation, ou en attente anormalement longue d'un logement social.
La commission examine le dossier et rend un avis favorable (priorité reconnue) ou un rejet. En cas de rejet, le demandeur dispose de 2 mois pour contester devant le tribunal administratif.
Si reconnu prioritaire, le préfet doit proposer un logement adapté sous 3 mois (6 mois en Île-de-France). À défaut, le demandeur peut saisir le tribunal administratif pour forcer l'État à agir.
Quand le bailleur lance la procédure accélérée, le locataire a deux chemins possibles. C'est sa situation réelle — pas sa bonne ou mauvaise volonté — qui détermine le parcours.
Il a des revenus ou des alternatives de logement, mais ne paie pas (mauvaise foi, conflit, négligence).
Il ne paie pas parce qu'il ne peut pas. Il remplit au moins une condition de vulnérabilité :
Recevabilité expresse sous 15 jours. Dès le dépôt du dossier DALO, la commission vérifie en 15 jours si les critères objectifs sont remplis (revenus, situation familiale, demande de logement social préalable). Dossier manifestement irrecevable → la procédure accélérée reprend immédiatement.
Conséquences financières du rejet. Si la commission rejette le dossier DALO sur le fond, les loyers impayés accumulés pendant la suspension sont ajoutés à la dette du locataire. Effet dissuasif contre les recours dilatoires.
Critères objectifs vérifiables. Le blocage de la procédure accélérée ne s'active que si le locataire justifie d'au moins un critère vérifié par la commission : revenus inférieurs au plafond du logement social, demande de logement social active, ou situation de vulnérabilité documentée (certificat médical, attestation sociale, etc.).
Source : Tableau de bord DALO 2024, Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées
Dès qu'un locataire dépose un dossier DALO recevable, la procédure accélérée est suspendue. Mais ce blocage est encadré : la recevabilité est vérifiée sous 15 jours sur critères objectifs. Un dossier manifestement irrecevable ne bloque rien. Et si le recours DALO est rejeté sur le fond, les impayés supplémentaires accumulés pendant la suspension sont ajoutés à la dette du locataire.
Le bailleur verse 5 000 € au Fonds de Garantie Locative. Le Fonds finance la transition (~3 000 €), l'accompagnement social (~2 000 €), et se charge du recouvrement sur le locataire. Si le locataire rembourse, le Fonds reverse 3 000 € au bailleur — coût final : 2 000 €. Si le locataire est insolvable, le Fonds absorbe la perte — coût plafonné à 5 000 €. Une partie des sommes recouvrées alimente également le relogement des ménages DALO.
En traitant rapidement les cas simples (locataires non vulnérables), la procédure accélérée libère des ressources judiciaires et sociales pour les dossiers DALO complexes qui en ont le plus besoin.
Aucune mesure isolée ne résout la crise du logement. Voici ce que cette proposition peut et ne peut pas changer.
Le logement en face existe — mais pas toujours là où on le cherche. Le locataire du chemin A (mauvais payeur, non vulnérable) a par définition la capacité de se loger ailleurs : s'il ne l'avait pas, il relèverait du DALO. Son problème n'est pas de trouver un logement, c'est de financer la transition. C'est exactement ce que le kit couvre. En zone très tendue, l'accompagnement par un opérateur d'intermédiation locative (Solibail, agences immobilières sociales, réseau FAPIL/Soliha) est la clé pour accéder au parc privé avec un tiers social qui sécurise le bailleur suivant. Et chaque logement libéré plus vite par la procédure accélérée est un logement de plus disponible sur le marché.
Les chiffres évoluent en continu à mesure que les réponses arrivent.
Cette consultation est une initiative citoyenne indépendante. Elle n'est affiliée à aucun parti politique, syndicat de propriétaires ou association de locataires. La proposition présentée ici est un cadre de réflexion ouvert, pas un projet de loi finalisé. L'objectif est de recueillir l'avis du plus grand nombre pour nourrir le débat public et transmettre une note de synthèse aux parlementaires — qui restent libres de s'en inspirer, de l'adapter ou de ne pas la retenir.
Oui, totalement. Seul votre code postal est collecté (pour la cartographie). L'adresse email est facultative et ne sera utilisée que si vous choisissez d'être informé(e) de l'avancement. Aucune donnée n'est revendue ni partagée.
Non. Le DALO (Droit Au Logement Opposable), instauré par la loi du 5 mars 2007, reste pleinement actif. Tout locataire en situation de vulnérabilité — sans logement, menacé d'expulsion sans solution, en logement insalubre ou indécent, en situation de handicap ou de suroccupation — peut l'invoquer. Cela bloque automatiquement la procédure accélérée et renvoie vers un accompagnement social complet. La mesure cible les situations d'abus avéré, pas les difficultés passagères ou les personnes fragiles.
Le locataire dépose un dossier (formulaire CERFA n°15036) auprès de la commission de médiation de son département. La commission rend sa décision sous 3 à 6 mois. Si la personne est reconnue prioritaire, le préfet a ensuite 3 mois (6 mois en Île-de-France) pour proposer un logement adapté. En cas de non-proposition, un recours devant le tribunal administratif peut forcer l'État à agir. L'aide d'une assistante sociale ou d'une association agréée est recommandée pour constituer le dossier.
En théorie, oui. En pratique, le système est engorgé : en 2024, 124 958 recours ont été déposés (un record), mais plus de 110 000 ménages reconnus prioritaires attendent toujours un logement, dont 95 % hors des délais légaux. C'est précisément pourquoi cette proposition prévoit qu'une partie du forfait versé par les bailleurs finance un fonds dédié au relogement des ménages DALO, pour renforcer un dispositif aujourd'hui débordé.
Toute personne résidant en France de façon régulière, de nationalité française ou titulaire d'un titre de séjour valide, qui ne peut accéder à un logement par ses propres moyens. Conditions principales : être sans logement, hébergé temporairement, menacé d'expulsion, en logement insalubre, en suroccupation, en situation de handicap dans un logement inadapté, ou en attente anormalement longue d'un logement social. Il faut avoir préalablement déposé une demande de logement social.
Le bailleur verse 5 000 € au Fonds de Garantie Locative — c'est un forfait tout compris. Le Fonds s'occupe de tout : financer la transition du locataire, l'accompagnement social, gérer la procédure, et recouvrer la dette sur le locataire après expulsion. Si le recouvrement aboutit (majorité des cas), le Fonds reverse 3 000 € au bailleur — coût final : 2 000 €. Si le locataire est insolvable, le Fonds absorbe la perte — coût plafonné à 5 000 €. Dans tous les cas, le bailleur récupère son bien en 4 mois, ne s'occupe de rien, et son risque est borné et connu d'avance. Contre 22 600 à 42 000 € de pertes dans le système actuel, le calcul est vite fait.
C'est un cas fréquent — beaucoup de petits bailleurs (retraités, propriétaires d'un seul bien) sont déjà fragilisés par les impayés quand ils déclenchent la procédure. Le dispositif prévoit plusieurs portes d'entrée selon le profil du bailleur :
Bailleur avec une GLI (assurance loyers impayés) : c'est l'assureur qui avance les 5 000 € au Fonds de Garantie Locative. Le bailleur ne débourse rien — c'est couvert par son contrat. Environ 40 % des baux sont couverts par une GLI.
Bailleur modeste sans trésorerie : le Fonds propose un paiement échelonné. Le bailleur verse un acompte de 1 500 € pour déclencher la procédure, puis le solde (3 500 €) est réparti en 3 mensualités pendant les 4 mois de procédure.
Bailleur en difficulté financière avérée (revenus modestes, un seul bien locatif) : le Fonds avance la totalité des 5 000 € et se rembourse intégralement sur le recouvrement du locataire. Le bailleur ne paie rien upfront, mais ne bénéficie pas du reversement des 3 000 € — ils servent à rembourser l'avance du Fonds.
L'objectif est que tout bailleur, quelle que soit sa situation financière, puisse accéder au dispositif. Cette mesure ne peut pas être réservée aux propriétaires aisés — c'est une question d'équité et une condition de son acceptabilité politique.
Non, la loi l'en empêche. En zone tendue (1 434 communes), le loyer du nouveau locataire ne peut pas dépasser celui du locataire précédent. Dans les 72 communes avec plafonnement (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux…), un loyer de référence majoré fixé par le préfet constitue un plafond absolu. En cours de bail, toute augmentation est plafonnée par l'IRL. Et le dépôt de garantie reste limité par la loi à 1 mois de loyer HC (location vide) ou 2 mois (meublé). Le bailleur ne dispose d'aucun levier légal pour reporter le coût du forfait sur le locataire suivant.
C'est exactement le cercle vicieux actuel : face au risque de 2 ans de procédure, les bailleurs surblindent (CDI obligatoire, 3x le loyer, garants multiples, GLI avec critères stricts) ou quittent le marché. La procédure accélérée casse ce cercle. Un bailleur qui sait pouvoir récupérer son bien en 4 mois — pour un forfait de 5 000 € dont 3 000 € lui seront reversés si le locataire rembourse (coût final : 2 000 €) — peut accepter des profils plus variés : CDD, indépendants, jeunes actifs, familles monoparentales. Et si le locataire s'avère insolvable, le Fonds absorbe la perte — le coût est plafonné à 5 000 €. Le risque est borné, chiffré et connu d'avance, au lieu d'être incontrôlable et porté seul. Résultat : plus de biens restent sur le marché, et les locataires « atypiques » mais solvables retrouvent l'accès au logement.
Le Fonds de Garantie Locative finance un accompagnement complet via un opérateur départemental (FSL, Action Logement, agence immobilière sociale). Le kit couvre le dépôt de garantie du nouveau logement (~1 000 €), le premier mois de loyer (~700 €), les frais de déménagement (~800 €) et l'accompagnement par un travailleur social (~1 500 €). Le locataire peut aussi bénéficier de la garantie Visale et de l'avance Loca-Pass. Les ~3 000 € de frais de transition sont ajoutés à la dette du locataire mauvais payeur — c'est le Fonds qui se charge du recouvrement (pas le bailleur). Si le locataire est vulnérable, il invoque le DALO et la procédure accélérée se bloque automatiquement.
Non. L'expulsion ne fait pas disparaître la dette — elle la cristallise. Le jugement condamne le locataire à rembourser les loyers impayés ET les ~3 000 € de frais de transition. Mais c'est le Fonds de Garantie Locative qui se charge du recouvrement, pas le bailleur. Le Fonds dispose de 3 ans pour agir (prescription loi ALUR) via injonction de payer, référé-provision, ou assignation au fond. Si le recouvrement aboutit, le Fonds reverse 3 000 € au bailleur. Si le locataire est insolvable, le Fonds absorbe la perte. Le bailleur n'a rien à faire — ni démarches, ni frais supplémentaires, ni risque. Et si le bailleur a une GLI, les impayés sont remboursés directement par l'assureur.
C'est la question clé — et c'est précisément ce que le Fonds de Garantie Locative résout. Dans le système actuel, le bailleur porte le risque d'insolvabilité seul : si le locataire ne peut pas payer, les 18-24 mois de procédure et les impayés sont des pertes sèches. C'est ce qui pousse les bailleurs à surblinder leurs critères ou à retirer leur bien du marché.
Avec notre proposition, le mécanisme est simple. Le bailleur verse 5 000 € au Fonds de Garantie Locative — c'est un forfait tout compris. Le Fonds finance la transition du locataire (~3 000 €), l'accompagnement social (~2 000 €), et se charge de recouvrer la dette sur le locataire après expulsion. Si le locataire rembourse (c'est le cas majoritaire, puisque le Chemin A concerne des locataires non vulnérables qui ont des revenus), le Fonds reverse 3 000 € au bailleur — coût final : 2 000 €. Si le locataire est insolvable, le Fonds absorbe la perte — le coût du bailleur est plafonné à 5 000 €, pas un euro de plus.
Le bailleur ne s'occupe de rien : ni de la transition, ni du recouvrement, ni du risque d'insolvabilité. Il verse son forfait, récupère son bien en 4 mois, et attend que le Fonds lui reverse les 3 000 € si le recouvrement aboutit. Si ça n'aboutit pas, il a quand même récupéré son bien — et ses 5 000 € restent 4 à 8 fois moins chers que les 22 600 à 42 000 € du système actuel.
Trois garde-fous sont prévus. D'abord, la recevabilité du dossier DALO est vérifiée sous 15 jours sur des critères objectifs (revenus, situation familiale, demande de logement social préalable). Un dossier manifestement irrecevable ne bloque pas la procédure accélérée. Ensuite, si la commission rejette le recours DALO sur le fond, les loyers impayés accumulés pendant la suspension sont ajoutés à la dette du locataire — ce qui rend le recours dilatoire financièrement contre-productif. Enfin, le blocage ne s'active que si le locataire justifie d'au moins un critère vérifié et documenté (attestation sociale, certificat médical, justificatifs de revenus). Un locataire solvable avec des alternatives de logement ne pourra pas détourner le DALO pour gagner du temps.
On ne « devient » pas DALO automatiquement — c'est un recours volontaire avec des conditions strictes. Le locataire dépose un dossier (CERFA n°15036) auprès de la commission de médiation de son département. La commission examine sa situation au cas par cas : il faut résider en France de façon régulière, avoir des revenus compatibles avec le logement social, avoir déjà fait des démarches (demande de logement social déposée), et se trouver dans au moins une situation de vulnérabilité — sans logement, en logement insalubre ou dangereux, en suroccupation, en situation de handicap, ou en attente anormalement longue d'un logement social. Si la commission le reconnaît « prioritaire et urgent », l'État a obligation de lui proposer un logement. C'est un filtre exigeant, pas un guichet ouvert.
Le locataire concerné par la procédure accélérée (chemin A) est par définition non vulnérable — s'il l'était, il relèverait du DALO et la procédure serait bloquée. Il a donc la capacité de se loger : des revenus, un historique locatif, des options sur le marché. Son problème n'est pas de trouver un logement, c'est de financer la transition entre les deux. C'est exactement ce que le kit couvre. En zone très tendue, l'accompagnement par un opérateur d'intermédiation locative (Solibail, agences immobilières sociales) facilite l'accès au parc privé avec un tiers social qui sécurise le bailleur suivant. Par ailleurs, cette proposition ne prétend pas créer des logements — elle accélère la rotation de ceux qui existent. Chaque bien libéré en 4 mois au lieu de 2 ans est un logement de plus sur le marché.
Les résultats agrégés et anonymisés seront compilés dans une note de synthèse transmise aux parlementaires concernés par le sujet logement. Cette note est un outil d'aide à la décision, pas une injonction : les élus sont libres de s'en inspirer, de l'adapter à leur propre proposition législative, ou de ne pas la retenir. Plus le nombre de répondants est élevé, plus cette note aura de poids dans le débat public.
Cette proposition n'a de sens que si elle est portée par le plus grand nombre. Les élus écoutent quand les citoyens parlent. 3 minutes pour peser dans le débat.
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